ACTUALITES

A la Bellevilloise - 19-21 rue Boyer - 75020 Paris
Du 27 au 29 octobre 2017.

Le Grand salon d 'art abordable

Une quarantaine d'artistes présents pour cette manifestation dont l'objectif est de présenter des œuvres à prix abordable. Pour que l'art soit accessible. 

On trouve en effet, par exemple, des tirages photographiques à partir de 50 €.
Promenade et impressions du vendredi 27 octobre.                       
Par Marc Gauthier

Nos coups de cœur


Valérie THENINGE, photographe

Elle présente sa série "murs de rêve" inspirée, en partie, par les "Pierres de rêve" des lettrés chinois. Des rochers aux formes diverses, souvent étranges, bien loin de nos pierres précieuses occidentales aux formes découpées et régulières, étaient placés dans les jardins chinois. Et c'est à partir du VIIème siècle qu'ils ont intégré les "cabinets" des lettrés chinois, pour tout ce que la roche offre de force symbolique spirituelle et poétique.
Valérie Theninge, dans son œuvre photographique, intègre elle aussi cette force poétique du minéral à des figures végétales. Elle évoque par ailleurs, dans ses inspirations, les murs des hommes des cavernes et leurs peintures rupestres.
L' artiste déroule alors des petits tirages de mondes hybrides fascinants dans lesquels les traces laissées par le temps sur les murs, ou les griffures, les rainures, les entailles diverses nées de la main de l'homme, viennent marquer et cisailler délicatement les images d'un univers où minéral et végétal se marient dans un réseau graphique infiniment délicat, nourri de subtils détails minutieux, de multiples traces et sillons. Comme si le monde était vu à travers un filtre imposant mais translucide, flottant en suspension, d'une fine pellicule de roche saupoudrée sur la légèreté de la feuille, de l'arbre, du buisson. 
Pour un très bel ensemble d'une très forte poésie grave et crépusculaire.
 

site de l’artiste : http://valerietheninge.com/

Valérie Theninge - série "Murs de rêve"

"Movment III"
 60 x 60

papiers publicitaires

2017


Hélène SIELLEZ, artiste plasticienne

Notre regard s'est posé sur les peintures sculptures de cette jeune artiste. Des œuvres en épaisseur qui sortent d'un noir imposant du fond uni. Elles affirment ainsi une forte présence à la fois de la matière énergique, des formes travaillées et des couleurs pop.
 


Hélène Siellez travaille avec des matériaux de récupération et plus précisément, en ce qui concerne ces deux œuvres, des pages de prospectus publicitaires.

Ces petits magazines colorés envahissant nos boîtes à lettres, qu'on ne regarde souvent que d'un œil distrait et blasé, ont ici une seconde vie, en une métamorphose artistique subtile. Elle les découpe, les range, les classe, les organise. Pour les réinventer en  un bel ensemble polymorphe malaxé, organisé en structure, en volume et en couleur, pour nous les faire découvrir, nouvelle matière transformée.
Ils sont méconnaissables : on ne distingue plus rien de leur discours publicitaire. Pas de mot identifiable, ni texte, ni slogan. Il reste la force graphique et la présence physique du fil déroulé de la matière malaxée et pétrie, en une belle forme organique qui semble en mouvement, comme glissante et rampante, insidieuse et souterraine, tels les effets excessifs d'un certain discours publicitaire contemporain. Et ces jolies couleurs pop qui explosent en silence dans un bel ensemble superbement équilibré entre matière et peinture.

site de l'artiste :

https://www.helenesiellez.com/

"Movment IV"
 100 x 100

papiers publicitaires

2017


Brigitte ROCHAS, peintre

Brigitte Rochas présente une œuvre entre abstraction et figuration. Le royaume d'une couleur équilibrée dans des palettes subtiles, sans excès et sans grandiloquence.

"Le voilier" - 80 x 80

2017


Et toujours une jolie palette de couleurs. Des propositions larges, des univers froids, d'autres franchement plus chauds, d'autres encore qui cherchent une mixité de tonalités équilibrante et douce. Il y a cette impression de  simplicité née de la douceur évidente. Un équilibre qu'on ne trouve que chez les coloristes sensibles et habiles.
L’œuvre "Le voilier" en est un exemple parmi d'autres. Une belle composition dans un carré magique. Ceux qui auront besoin d'un ancrage référentiel trouveront la légèreté des lignes à l'horizon: silhouettes végétales, lignes graphiques de constructions ou bien épaisseur d'un ciel. D'autres entreront par la porte ouverte sur une masse orangée qui nous happe et nous aspire. Quelques vibrations végétales dans un halo de vert sur un bord, quelques forces contrastées dans le jeu du noir sur les masses plus claires, grises et rosées, sur le bord opposé. Et les lignes dynamiques dans le quart inférieur droit, traces de noir et présences fortes. Une dominante d'une douce chaleur subtile, nuancée, sensuelle et vibrante.
 

site de l'artiste :

http://brigitterochas.fr


Tantôt les formes sont suggérées et sont évocatrices, tantôt elles sont plus dessinées et plus marquées. Les formes sont le plus souvent des silhouettes légères plutôt que des réalités descriptives.


David LAW, photographe

David Law met en scène des poupées. D'allures diverses, elles sont plus ou moins réalistes, entre figures humanisées et petits baigneurs asexués. Dans tous les cas, elles sont mises en scène dans des décors de notre monde et viennent nous chercher pour questionner notre réalité.

Parfois un réalisme quasiment documentaire, focalisé sur le portrait dans une scène de vie, qui vient révéler un personnage hybride, adolescent connu de nos villes et de notre contemporanéité, comme cette jeune fille ébouriffée, prise dans sa noirceur romantique,  sous la neige d'un hiver parisien, devant les colonnes de Buren en arrière-plan.
Parfois un décalage déconcertant, comme avec ces vilains garçons arrêtés par la police, pris quelque part en flagrant délire de bouffonnerie silencieuse. Avec leurs petites gueules d'anges, ils sont le revers lumineux de nos inquiétudes sourdes. Ou bien le reflet des ombres qui planent sur nos éclats de folie douce. Ils sont l'enfance et l'adulte réunis, le rire provoqué et la gravité, la pesanteur du fait divers et la légèreté du choix d'en sourire...

site de l'artiste : http://www.davidlaw.fr et facebook.com/pullipsandco


Fabien Bruno DUPONT, photographe

Dans sa série "Intermission - acte 1", le photographe pose son regard et son objectif devant des moments de transformations architecturales qui l'entourent et particulièrement devant les restes et vestiges de nos villes lorsque les démolitions révèlent les murs abîmés, les plans géométriques et structures internes des bâtiments. Une beauté de la déconstruction qui, même si elle parle de la fin (d'une maison, d'un bâtiment)  révèle aussi  une force formelle, traces de nos vies, née de la destruction plus ou moins programmée et du temps qui passe.

La beauté des immeubles détruits. Les façades tombées sous les coups des machines de destruction. Une ablation pour une révélation : derrière le chaos apparent, le photographe met en lumière les traces des vies passées, les couleurs des murs des appartements, des peintures des papiers peints, autant de morceaux de vies humaines qui se sont tues, parties voir ailleurs, délaissant les lieux devenus interdits.  Et la révélation est ici graphique et poétique. La force du photographe est son regard sélectif. La beauté des images est leur force graphique : cadrages qui révèlent les traces, les matières, les couleurs.
Dans cette série, les propositions photographiques de Fabien Bruno Dupont deviennent un univers abstrait d'une beauté plastique pure, d'une vraie et forte évocation émotionnelle entre destruction et réinvention, entre nostalgie et foi en l'avenir.

site de l'artiste : http://fabiendupont.fr

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