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Les Beaux Arts de Garches

Hôtel de Ville de Garches (92)

C'était du 26 mai au 10 juin 2018

 

 

 

par Marc Gauthier 


 

Au premier plan ci-contre 

sculpture béton et pigment noir de fumée - de Nicole Valentin

Cette œuvre, déjà présente au salon
Réalités Nouvelles nous avait déjà arrêtés :  un très joli demi hémisphère, aux courbes douces et subtiles, aux nuances de noir, de gris forts, de gris plus doux. On y voit aussi de plus près des petites aspérités légères pour une superbe minéralité imposante.

Au sol à gauche une sculpture de Yves de Chalendar, sur le mur de gauche 3 photos du duo Isabelle et Alexis - sur le mur de droite, de gauche à droite : "Présence immobile" de Anne Marie Donaint Bonave - "Sans titre " de Domartin - "Hailo" de Nicolas Nief et "Opus 440" de Elisabeth Gevrey.
 

 

  

 

Une rencontre d'art contemporain.

Une centaine d'artistes annoncés, venus de toute la France.

 

La photographie était mise à l'honneur avec le travail du duo de photographes

Isabelle Chapuis et Alexis Pichot.

 

Le salon  fêtait ses 60 ans cette année.

 

Les artistes invités :

 

Isabelle et Alexis

 

 

Isabelle Chapuis et Alexis Pichot

photographies

La série "The Blossom Project" littéralement projet de la "floraison", présente une série de paysages naturels, urbains ou industriels et le plus souvent silencieux, souvent vidés de la présence humaine, transfigurés par des envolées légères de nuages colorés.

 

C'est donc dans une floraison poétique toute personnelle aux deux artistes que les lignes évanescentes des petits nuages colorés racontent leur histoire de regard, de couleurs et de silhouettes silencieuses. Pour nous faire voir le monde autrement, fixé et figé dans la photographie du mouvement léger et aérien. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposées dans le jardin de l'Hôtel de Ville, ces photographies de paysages ainsi insérés dans le paysage de promenade de la mairie, se montrent comme des petites fenêtres ouvertes, des lucarnes magiques qui viennent changer le quotidien et focalisent alors sur la rêverie voyageuse du duo de photographes, nous prenant par le regard, par le cœur, par les émotions, fascinés que nous sommes tout à coup par ces formes évanescentes et accueillantes, troublantes et mystérieuses, comme si la poésie sortait soufflée du cœur du monde d'un trou caché dans une fissure invisible. 

 

 

 

Notre sélection

 

"coups de cœur" 

 

Renée Rault

Sculpture sur bois

Sensualité d'une œuvre équilibrée dans la composition douce et la texture soyeuse du bois. Tranche de vie végétale posée sur le socle minéral discret. C'est toute l'élégance racée sauvage et brute des œuvres de Renée Rault, une artiste qui travaille tout aussi bien la terre, le métal, le bronze ou le bois, pour en sortir toujours la force de l'état de l'être dans le petit morceau de monde réinventé qu'elle présente.  

 

 

Michèle Gavache

 Les 7 péchés capitaux - sculpture bronze 

 

Les 7 péchés : une liste fondatrice de la culture, une liste des vices qui menacent l'esprit de l'homme bien faible. Ils sont ici représentés sous les traits de ces sept personnages figuratifs aux accents épais, tout en matière et en cernes creusés. Qu'ont-ils en commun ? Sont-ils un groupe uni ? Sont-ils des inconnus qui se croisent ? Comment les reconnaître ? Alors que dans l'art médiéval les 7 péchés sont représentés masculins combattant les vertus féminines, ou bien représentés par des monstres qui nous menacent, ils sont ici des visages simples, sans attributs, sans outils  symboliques, sans armes, simplement réduits à leur expression d'humanité commune. A nous de bien scruter les expressions et les regards pour savoir à quoi nous en tenir...

 

 

Hélène Leroy

Umbra - huile sur toile de lin 

Hélène Leroy présente des paysages abstraits magnifiques de douceur, marqués d'une légèreté qui font leur forte présence et leur subtile densité.
On y voit souvent des  ombres et des brouillards qui semblent planer sur un monde indéfinissable, de beaux passages de couleur minérale. Des univers vaporeux et évanescents comme une pensée fugitive. Une palette  de couleur très restreinte qui fait force et affirmation. Un contraste puissant, un silence minimaliste niché tout au creux du monde, aux frontières du fantastique.

 

On dirait la photographie improbable, exhumée et venue d'un temps lointain, d'une époque avant le verbe haut des hommes, toute emplie du silence mystérieux des origines du monde tout juste naissant. Une peinture apaisante comme un murmure.  

 

 

Elisabeth Gevrey

Opus 440 - acrylique sur toile

 

Sur son site web, l'artiste nous dit "Peindre c'est tout un plaisir, toute une passion. Se laisser guider par des instants de lumière, de couleurs, de formes et tout mettre en harmonie. Le fond sera plus ou moins épuré ; le geste sera guidé, réfléchi, entrera dans une composition."

Une peinture lyrique comme on les aime chez Bella Z'Art, toute en finesse émotionnelle, en douceur veloutée, ou rien n'est jamais de trop, ou l'équilibre de la composition gouverne et préside à l'émotion qui en découle.

 

Satisfaction pleine, née de la beauté de l'ensemble, construit et déterminé, affirmé et assuré. 

 

Comme dans un poème rythmé et mesuré, la ligne individuelle soulève et fait grandir la forme de l'ensemble, la trace raconte le tout, la couleur d'une tonalité révèle et sublime sa voisine, le geste graphique construit tout un monde : celui de la passion du mouvement pour la vie créatrice. 

Domartin (Martin Dominique)

Sans titre - technique mixte

La figure sombre de la partie droite est telle le bord d'une falaise d'où semble tomber des végétaux, des manières de lianes dans un joli tracé coulure qui se fond dans un flou plus bas.

 

Elle nous appelle de sa silhouette forte, nous appelle aussi au bord de son précipice. Inquiétante étrangeté de cette petite forme posée au milieu d'un espace calme aux douceurs de roche grise et brune. Inquiétante ligne perçante qui fuse vers l'intérieur du cadre de la composition, accompagnée de son double posée au-dessus au bord du cadre de la toile.

Les nuances de la partie gauche sont magnifiques.

Déroulé d'une palette délicate de tons minéraux raffinés dans une construction de lignes esquissées, réseau de petites traces fines, de passages légers, aux matières délicates.  

Œuvre du murmure et du silence aussi comme quelques unes des propositions abstraites de ce salon. 

Amélie Le Grelle

Square - huile sur bois

Amélie Le Grelle est poétesse des lignes urbaines. Elle excelle dans la représentation figurative des bâtiments de nos vies quotidiennes, structures architecturales entre froideur géométrique et chaleur humaine (devinée) derrière les murs.


Présence aussi de la nature dressée dans le décor, domptée pour agrémenter nos lieux de vie.

Dans cette petite toile, un mur de béton frontal dessine les lignes accentuées de ses bords et rebords, de ses interstices sombres. Une masse imposante d'un parking, d'une rampe d'accès, d'un hangar mystérieux ? Le cadrage rapproché empêche tout discernement. Le tout est un bloc radical  invasif, derrière les lignes végétales de troncs d'arbres aux feuillages rares qui tentent de jouer au plus fort, au plus malin, au plus offrant pour se faire voir aussi, se faire désirer encore. 

 

Ou peut-être n'y a-t-il pas de lutte mais tout simplement l'équilibre improbable des lignes dans leur perpendicularité, dans ce mariage contre nature de la ville expansive et de la nature domptée. 
  

 

Elsa Bac

Chaise bleue - acrylique sur toile

Ici c'est la couleur qui domine.

Une belle composition dense, une structure équilibrée et massive pour une belle proposition brute de formes et couleurs. Des jolies nuances en gris qui posent des zones de transition et de calme. Des traces aussi plus légères comme des écritures fines, des signatures de la main qui passe et tantôt déroule ses gestes amples, tantôt écrit et passe dans la nuance. 

L'œuvre est finalement tonique autour de la "chaise bleue" du titre et des couleurs fortes. 

 

Nathalie Berrier

Frémissements - technique mixte

"Frémissements" nous dit le titre. On sent le souffle qui traverse l'œuvre. C'est d'abord le mouvement en contre-plongée qui nous montre, s'élevant dans la partie supérieure, des silhouettes humaines poussées par ce souffle géant invisible. C'est ensuite le frissonnement des lignes étranges et flottantes, traces évanescentes, griffures posées sur l'œuvre dans une dynamique graphique en nuances légères, "un ensemble de sillons inscrits et gravés sur alu, une inspiration à la recherche de plus d'espace, plus de liberté et aussi plus d'empathie" précise l'artiste sur son site web. Une belle lumière qui vient du sommet et parait les accueillir en sa chaleur protectrice, dans une vibration froide d'un bleu qui perce à droite et pénètre en douceur. La beauté de cette œuvre réside dans l'état d'apesanteur des personnages semblant sortir de l'ombre inférieure pour s'élever et la beauté graphique toute en légèreté, posée aux frontières du fantastique.

   

 

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