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C'était du 8 au 28 novembre,

à l'espace Christiane Peugeot,

au 62 avenue de la Grande Armée - Paris 17ème.

36 artistes - Exposition collective rythmée par

17 expositions individuelles d'une journée.

Par Marc Gauthier
 

Salon R.D.v d'Art épisode 2

Coups de cœur - Épisode 2

Christophe BLANC - peinture

 "Comme un fil tendu

à travers la brume" -

huile sur toile

73 X 100  - 2017

Christophe Blanc promène depuis des années ses personnages marqués par les stigmates de la vie. D'une facture réaliste, ils sont toutefois porteurs de traces dermiques fortes et improbables, marques et présences d'une peinture qui fait leur peau tout en disant leurs blessures, signes de dégradations qui les fait ressembler aux décors qui les accompagnent : ils portent sur leur peau les mêmes traces que les murs et les décors vieillis et salis par le temps. Car tout change, se transforme et se dégrade, chaque battement de notre vie portant en même temps en lui le mouvement qui nous conduit vers la fin. Ils sont pourtant debout et ils chantent ici, et leurs bouches s'ouvrent en grand pour libérer un souffle, qui peut être tout à la fois un murmure d'une froide brutalité ou un soupir emprunt de mélancolie. Il y a toujours cette belle ambiguïté poétique chez Christophe Blanc, dans ces personnages dont on ne sait jamais s'ils sont des survivants ou des condamnés.

Pascale

MARCHESINI - ARNAL

 

sculpture

 "La chèvre d'or"

os, papier patiné et fils d'acier sur armature,

141 x 80 x 40  - 2017

 "Loup y es-tu ?"

os, papier patiné et fils d'acier sur armature,

107 x 71 x 40  - 2016

L'artiste construit un bestiaire fantastique de monstres dont la silhouette est aussi fine et gracieuse qu'ils sont cauchemardesques. Des corps de bêtes déséquilibrées qui sembleraient fragiles s'il n'y avait d'emblée les inquiétudes qu'elles provoquent : poitrails maigres mais épais, mâchoires solides aux dents pointues, jambes d'insectes longues et émaciées, postures de prédateurs aux aguets. Elles sont curieusement surmontées d'un humain cavalier, à la silhouette minimale, maître apparent qui les aurait domestiquées. On se demande alors lequel du monstre ou de son maître est le plus à craindre... Double figure fantastique, double inquiétude sourde. Pascale Marchesini-Arnal vient délicieusement nous réveiller au cas où nous aurions oublié d'avoir peur.  

"Loup y es-tu ?" - os, papier patiné et fils d'acier sur armature - 107 x 71 x 40  - 2016

avec les œuvres de Christophe Blanc

Clothilde LASSERRE

peinture

"Douceurs multiples" 

160 x 130

huile sur toile - 2017

Clothilde Lasserre peint des foules vues en plongée. Un regard d'en haut, omniscient et distancié, sur le monde des hommes qui s'agitent en bas. L'artiste ne cherche pas une figuration détaillée : les personnages sont des silhouettes évoquées, réunis par petits groupes amassés, grappes humaines colorées,  dans des échanges et relations indistincts. Que font-ils ? Que se disent-ils ? Que partagent-ils ? Dans la distance silencieuse, nous entendons malgré tout le murmure de la danse, le mouvement de la foule qui tourne et virevolte.
L’œuvre qui suggère plus qu'elle ne raconte, dans un entre-deux entre figuration et abstraction, présente alors la force vive d'un mouvement, la belle couleur d'une palette subtile, délicate, dans laquelle l’œil voyage d'un amas de grappes à l'autre, pour trouver un fil, un parcours improvisé, dans un jeu d'échelle entre le proche et le lointain, entre flottement et fixation, ralentissement et reprise de la course. Ces petits personnages semblent alors comme des entités grouillantes sous la lentille du microscope et notre regard devient subitement celui d'un spectateur analyste d'un monde à la fois connu et l'instant d'après, plus volatile et plus mystérieux.

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